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▐  Journal d'Azshara


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Peut-être pourrions nous un jour discuter...



◈ Rencontres & Liens


Sheïra El Thali : Liens familiaux - Mère.

Manakael Kresnik : Garde du corps, serveur de thé, frère d'armes, copain de méfaits.



◈ Voyages & Aventures


Cornes de gazelle & Chebakiya : Syltamir, Al'Akhab, Ordo, 72 de l'ère des Rois
Manakael Kresnik
Naïsha Batravan

De l'intérêt d'être utilisé bon gré mal gré pour arriver sur la fin : Syltamir, Al'Akhab, troisième semaine de Drema, 75 de l'ère des Rois
Manakael Kresnik

Fouinons ensemble : Al'Akhab, Radjyn : 2ème semaine d’Ordo de l’an 89 de l’Ere des Rois
Hartnil Flossom

Les reflets du Prisme : Aiseth, Seregon, 1ère semaine d'Auldera 89 de l'ère des Rois
Sílraen Seronsïleh

Lorsque le spectre devient visible : Aiseth, Seregon, 1ère semaine d'Auldera 89 de l'ère des Rois
Sílraen Seronsïleh

Le réveil de Céarus : Cité engloutie d'Eressa, 2ème semaine de Friest, 89 de l'ère des Rois
Aedran Dyr

Quête d'élévation : Ann'Drah, 3ème semaine de Margrh, 89 de l'ère des Rois
Myrthuän Xóhlodvim

Déjà, la nuit : Syltamir, Al'Akhab, dernier jour de Merä 90 de l'ère des Rois
Khadija Al-Khâtib

Terreurs noctures : Quelque part près des côtes de Lyria, premières semaines de Siralon de l'an 90 de l'ère des Rois
Niobé Aletherion

Kerachitomène : Azzura, 3ème semaine de Friya en l'an 90 de l'ère des Rois
Niobé Aletherion




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Tristan et Aldric n'étaient plus qu'un souvenir et Adhémar, dans la nature s’était volatilisé. A nouveau, tout lui échappait. Le destin n’avait de cesse de s’acharner, comme pour le punir de gouverner une terre souillée de sang. Le roi forcené, aux épaules empesés encore du deuil, tremblait de rage, tremblait de peine. Assez. Il en avait assez ! Sa main calleuse attrapa le verre posé sur la table. D’un geste brusque, il l’envoya contre le mur. Son contenu tacha de grenat la tapisserie alors que les débris gisaient au sol.

— Quand la destinée me sera-t-il plus favorable ?

Harden questionnait Alvar, la Déité fourbe, la divinité silencieuse. Se pensant à l’abri des regards, il épanchait la souffrance contenue derrière le masque du monarque. Il libéra en bloc cette boule de douleur coincée dans sa poitrine, en frappant du poing le bois noir de la table. Si celle-ci n'eut rien, la royale main saigna au niveau des jointures. Son cruor dessina des fleurs pourpres sur le dallage.

Il leva ses doigts douloureux pour les contempler. C'était la première fois de sa vie qu'il s'emportait, allant jusqu'à se blesser. Son regard bifurqua sur le plafond, sur un point que seul lui voyait. Ses paumes vinrent à plat se poser sur son faciès, dissimulant son visage.

Il ne pleurait pas. A force de trop se contenir, il ne savait même plus ce qu'était que verser une larme. Cette incapacité rendait son affliction plus terrible encore. Il était comme un esquif ballotté par une mer déchaînée.

Après un long instant d'inertie, ses bras revinrent près du corps alors qu'il lâcha.

— J'aurai préféré que la pandémie m'emporte.

Il n'avait offert que peu d'amour à son puîné et il le regrettait sincèrement. Mais, c'était trop tard pour avoir des remords. Il se jurait d'ouvrir son cœur sec à Adhémar afin que l'erreur ne se réitère pas. S'il le retrouvait.

Un soupir s'envola des pétales de sa bouche alors qu'il se retournait enfin, les miroirs de son âme chargés par ses tourments. Lorsqu'il vit qu'il n'était pas seul, son visage se recomposa. Or... Keenan avait tout vu. Après un interminable silence, sa majesté prit la parole.

— Je ne m'attendais pas à ta venue.

Les inflexions de sa voix restaient le plus neutre possible, comme si la tempête ne s'était en rien passée.

— Je voulais être là pour mon roi, mais surtout un vieil ami

Les mots touchèrent la forteresse de son être, entrèrent dans ses fissures, cassèrent le masque si inébranlable du puissant. Un pâle sourire s'afficha. Ses mires semblaient dire merci.

— Un vieil ami que je néglige bien trop souvent, à mon grand regret.

Les topazes de feu bleu du roy s'ancrèrent encore plus dans les mires de son vis-à-vis, comme s'il voulait lire jusqu'à son âme.

— Le devoir est notre. Depuis longtemps nous avons tous deux appris a faire abstraction de nos désirs pour nos obligations.

Devoir. Obligation. L'un et l'autre dictait sa vie depuis toujours. Sa prestance revint comme si les paroles de Keenan avaient rallumé la flamme éteinte. Alors qu'il s'approchait, sa paume de main vint s'appuyer sur l'épaule de son conseiller.

— Il en sera toujours ainsi.

Ses phalanges finissent par se décoller.

— Je vais à Azzura. Garde un oeil sur l'Adalberon.

Il savait qu'il ne ferait rien, en ces temps troublés. Cependant, sa confiance pour l'homme en question s'était tarie. Après ces derniers mots, le monarque partait. Dans l'heure suivante, il se trouvait à Azzura, téléporté par un des mages, faisant la jonction entre les deux royaumes.

A sa demande, on le mena à un petit salon, pour attendre l'illustre Numengar. Debout, debout dans la pièce, il attendait, les paupières closes. Il ne devait pas que penser à lui, à son envie de retrouver Adhémar. L'avenir des mages entrait aussi en jeu.

Lorsque la porte s'ouvrit, il fit volte face. Sa tête, en symbole de son respect, s'abaissa, le soupçon d'un instant.

— Vous devez sûrement savoir pourquoi je vous ai fait quérir.

Pour Adhémar. Pour les académies. Pour les deux sujets, ils auront une longue conversation.

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Les aubes et matins défilaient dans la fraîche quiétude du palais. Et en ce jour, l’hiver s’étiolait davantage à l'ombre des montagnes, cœur frissonnant en l'écrin de glace et de roches blanches. La Cité d'Opale, sous le dôme irisé, retardait à peine l'immuable vérité : le froid de cette région ne disparaissait jamais tout à fait, comme la bise de la souffrance.
Cruelle et injuste était la vie. Cruelles étaient les facéties du destin. Beaucoup d’être se retrouvait frappés par les aléas de la fatalité. Ils étaient abattus en plein vol, ne pouvant se relever faute de retrouver le souffle de leur existence. C’était le cas d’Onyria, sa très chère souveraine. Son corps perdurait. Mais malheureusement, l’âme s’était étiolée il y a bien longtemps. Elle s’était perdue dans les limbes où même sa magie à lui, l’Archimage suprême, ne pouvait l’atteindre. Le flux de l’Art astrale possédait ses limites et l’esprit en était une. Sur les corps vivants il pouvait tout : recréer, modifier, maintenir, supprimer. L’impossible pour le physique, le corps concret, n’appartenait pas à son vocabulaire. Il ne vivait pas depuis tant d’années, avant même l’endormissement de la cité, pour rien.

Ihrys… Pour elle, il avait franchi des limites. L’impossible, il l’avait tenté pour eux. Mais de cet instant de folie insensée, il n’était resté que lui. Son esprit s’était perdu aussi. Accroché à ce qu’elle avait tant espéré en vain.

Ses frêles mains tremblèrent sur le pommeau de sa canne. La cage thoracique du vénérable mage craqua alors qu’il inspira profondément.
Réminiscence.
Les sombres agates de Baltazar, rendues plus limpide avec l'âge, se firent voiler par le battement frénétique de ses paupières. Il n’était pas bon pour lui de s’appesantir sur ce qui était le passé. Il y en avait trop, beaucoup trop. L’avenir était suffisamment sombre pour ne pas rajouter le poids des ans en supplément.

— Mon amie… Onyria… Vous me manquez. En cet instant le monde n’a jamais eu autant besoin de vous. Moi-même, je m’étiole sans votre joie, sans votre lumière.

Lentement, il vint se dresser face à la silhouette diaphane et magnifique de son ancienne élève. Il esquissa un sourire triste à l’encontre de la poupée vivante.

— Celui qui vous a libérés de cette prison, l’un des élus, s’est perdu. Son cœur s’est brisé encore une fois et il n’a pas la force de supporter davantage. Adhémar a trop perdu pour un homme tel que lui. Il s’était à peine relevé de ce qui avait marqué de son sceau sa jeune âme.
Vous-même vous savez.
La perte d’être aimé est la plus dur des épreuves. Mais, il est plus douloureux encore de perdre ce qui devrait s’éteindre bien après nous. Ou dans un ordre naturel des choses. Les infamies et les accidents ne sont pas sains pour les cœurs blessés et écorchés.
Les avenirs sont possibles, les avenirs sont multiples. La croisée des chemins parvient à l’une de ses limites. Mais le monde a pris ses embranchements les plus sombres mais qui sait... Peut-être que les chemins que chacun choisira viendront animer l’existence. Sinon, il aurait été préférable que vous ne fassiez pas ce sacrifice pour nous.

Baltazar déglutit.

— Rëa pourrait se mourir si les lignes du destin venaient à s’assombrir davantage, il est temps. Temps d’intervenir, sinon il se pourrait bien que nous mourrions tous sans que la splendeur du passé renaisse.
Il se tut quelques instants avant qu’un serviteur toqua à la porte des appartements royaux. Lorsqu’il n’était pas demandé, ce qui avait été toujours rare et plus encore maintenant, il restait dans le lieu de repos de la reine. Onyria était plus paisible et moins sujette à des crises ici. Il devait y avoir moins de réminiscence douloureuse loin du sanctuaire qui l’a vue enfermée.

— Grand Archimage Numengar, le souverain de Kaerdum souhaite vous rencontrer.
— Oui. Merci Archibald. Je vais le rejoindre dans le salon de réception à côté de mon bureau. Va nous préparer le meilleur hydromel de nos caves. Je pense que le souverain de Raiendal l’appréciera. Et que ce soit bien frais ; s’il te plaît.

L’Archimage esquissa un sourire doux à l’encontre du serviteur. Archibald resta muet quelques instants, tel un poisson qu’on aurait sorti de l’eau. Malgré les années les domestiques avaient encore quelques difficultés à suivre l’anticipation que pouvait avoir le Régent d’Azzura. Le vieil homme aimait la facilité de la vie de sa cité, mais il ne supportait pas être un assisté.
Sans mot dire la silhouette de l’Archimage disparut dans l’éther, ainsi que celle de la Reine, laissant dans la confusion la plus complète le pauvre hère. Il apprendra. Ce n’était qu’un enfant à peine entré au service du conseil.
Le vénérable vieillard, courbé sous le poids des âges, réapparut devant la porte du bureau.

Sa main à la peau fine et parcheminée, où çà et là apparaissaient les marques plus sombres de l’âge, appuya sur la poignée de la porte pour ouvrir le bureau. Il était digne, un visage tout en rondeurs avec une barbe d’argent pur. Il était l’image d’un très vieil homme, richement vêtu certes, pourtant ceux ne le connaissant pas n’imagineraient pas la force qu’il pouvait émettre.

— Bonjour Majesté. Effectivement je vous attendais depuis quelques semaines. Je suis malheureux que la première fois où l’on se rencontre enfin seul à seul soit dans telle condition. Néanmoins, c’est un insigne honneur de vous voir. Vous étiez pris et il était impossible de changer le cours des évènements qui vous a amené à venir me voir en ce jour.
Mes condoléances les plus sincères. Je ne connaissais que par les mots votre puiné et il était à votre image et celle d’Adhémar. La graine d’un grand homme de ce monde.
Aldric avait été un hôte de notre cité. Une force de la nature qui malgré ses bougonnements était une délectable personne.
Je suis triste qu’il fût ainsi emporté.
Ses paroles étaient compatissantes et sincère à l’encontre de cette montagne chancelante. Il était plus solide qu’Adhémar, mais il devenait le colosse au pied d’argile. Si une main secourable ne se tendait vers lui, il allait s’effondrer définitivement.

D’un signe de la main, il indiqua une forme assise un peu en retrait du souverain des temps nouveaux.

— Voici la Reine Onyria. Vous n’aviez pas encore eu l’occasion de la rencontrer, car on évite de lui infliger la vue de trop de personne.

Dans son silence, son immobilise totale, elle faisait penser à une jeune enfant bien éduquée. Malheureusement, c’était signe d’autres choses. L’absence d’émotion était la réalité au-delà de la sagesse.

— Asseyez-vous Majesté, nous sommes entre alliés et je vous aiderais dans la mesure de mes capacités.

Lentement, avec l’écho de sa canne se répercutant sur les murs de marbre blanc, il vint s’assoir à côté de sa reine. Tel le conseiller qu’il avait toujours été, Baltazar s’installait à sa droite un peu en retrait. Il sourit à Harden.

— Je vous écoute, mon temps vous est entièrement consacré en ce jour et davantage si vous souhaitez rester plus longtemps parmi nous.

D’un geste nerveux du poignet, il ouvrit à nouveau la porte par laquelle il était entré. Là, le jeune page s’arrêta net dans son geste, la bouche bée. Archibald, avec l’éclat de ses boucles rousses jurant dans le décor somptueux, tenait un plateau dans les mains.

— J’ai fait mander de l’Hydromel à votre intention. En espérant qu’il vous plaira.
Il leva son regard à l’adresse du jeune homme.
— Allez entre mon enfant, personne ne te mangera. Sauf, peut-être si je te conduis à la créature des jardins royaux.
Son sourire bienveillant se fit en coin, alors que le garçon reprenait ses bonnes manières et vint servir les grands de ce monde pour s’en aller ensuite.

— Pardonnez-moi. Je suis tout à vous Majesté.

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Alors que sa phrase venait tout juste de franchir la porte de sa bouche, ses azuréennes prunelles vinrent dévisager la face vieillissante du vénérable. De sa silhouette, tassée par les âges, se dégageait une impression de force tranquille, de puissance contrôlée, à l’image des mythiques dragons ou des majestueux Arkvalds. Si la rondeur de son faciès allégeait cet effet, son regard renforçait cette sensation d’immensité. Tout lui était du domaine du possible ou presque.

Bien qu’il se tînt devant une force qui le dépassait, le corps d’Harden restait roide. Sieur Dévéra ne craignait pas pour sa vie. Il faisait face à un être, d’une infinie grandeur et générosité. Une manne qu’il percevait plus comme un allié qu’un ennemi. Cette perception se renforça par sa tirade, aux sonorités sincères. L’homme en lui, fut touchés par les mots, rendant hommage aux défunts.

— Vos paroles sont un baume au cœur. Vous avez percé leur nature et de ce fait, je ne puis que vous remercier pour votre sollicitude et le temps que vous me consacrez.

Le puissant, les deux mains, s’embrassant derrière son dos, se tut, pour reprendre aussitôt.

— Mon puîné aurait sûrement aimé venir ici. Voir de ses mires cette formidable cité. Par manque de temps, je ne lui ai pas offert cette opportunité. A mon grand regret.

Lui qui affichait le masque du roi pourrait paraître froid au demeurant. Mais, un esprit sagace remarquerait la brume marquant quelques secondes, les miroirs de son âme : une tristesse évanescente mais, réelle. A cause de son devoir et ses obligations, il n’a que trop délaissé sa propre famille et le savoir le hanterait toujours.

— Ce qui leurs est arrivé est regrettable.

Son attention se porta sur la souveraine assisse, en retrait. Il n’omit aucun jugement sur son apparence de poupée docile. Il savait le grand sacrifice qu’elle fit pour préserver Azzura, et surtout, son peuple. Un tel acte valait son estime. Si une grande menace mettait en danger son royaume, mettrait-il sa vie en jeu pour le protéger ? Très certainement. Son dévouement était égal à cette majestueuse icône.

— Toute ma sollicitude. Cette grande reine doit vous manquer.

Les mires célestes du puissant revinrent se nicher dans les lagons sombres de Balthazar. Invité à s’asseoir, Harden s’installa en face du duo, dans un bruit d’étoffes étouffées. Ce n’est que lorsque son être s’ancra à l’assisse qu’il prit la parole, sollicité par le vénérable.

— Je suis venu pour deux raisons. L’une plus égoïste que l’autre.

Ses mots se turent en même temps que la porte s’ouvrit d’elle-même, par l’action de l’astre. Ne se formalisant pas de la rupture, de leur échange, le couronné attendit patiemment que son interlocuteur soit disponible pour poursuivre.

— De l’hydromel. Je vois que vous connaissez mes préférences.

Un sourire releva les coins de sa bouche, rendant son visage beaucoup moins rude. L’éclat finit par se dissiper très rapidement.

— Saviez-vous où je puis trouver mon aîné ? Adhémar n’était point aux obsèques et je crains qu’il ne disparaisse pour toujours si je ne fais rien.

Son regard d’un bleu intense passa de son verre à Numengar.

— Sachant l’affection qu’il a pour vous, j’uses espérer que vous connaissiez sa cachette.

Sa dextre attrapa sa boisson et le porta à sa bouche. Après deux longues gorgées, il le reposa sur la table.

— Quant à la seconde requête qui demande toute mon attention, il s'agit des académies destinées aux mages. Je n'ai rien contre en construire une à Raiendal. La question que je me pose, est-ce qu'elle satisfera tout le monde ? Les hommes, femmes, enfants touchés par l'éther et ceux non dotés par le magisme. Je me destine à agir au mieux pour tous et je ne tiens pas à ce qu'une des parties soi lésée.

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Les mains tavelées par le temps se serrèrent entre elles. Elles étaient le signe des émotions et des pensées du vénérable vieillard. Brusques étaient ses gestes, sombre était sa conscience. Le regard âgé, au liseré bleuté, parcourait le visage du souverain étranger. Il y avait tant à dire et à répondre néanmoins Baltazar laissait Harden s’exprimer. Lui-même parlait trop, Anja et d’autres membres du conseil le lui avaient souvent rabâché les oreilles. Soi-disant, il était pire qu’une pie bavarde et pourtant ces créatures faisaient un boucan de tous les diables lorsqu’elles s’y mettaient. Il ne s’imaginait pas atteindre un tel stade, voyons!
Enfin, le vrëen des temps nouveaux acheva ses suppliques. Baltazar s’attendait à chacune d’entre elles. Il les avait perçues dans un écho fugace.

— Il est parfois aisé d’apprendre des choses, aussi simple, lorsque les limbes du temps sont parfois pour vous aussi limpides que le cristal. Il est peu complexe d’interroger les astres pour être complaisant envers un invité, contrairement à la recherche d’implications politiques. Ce genre d’augure ne peut être demandé, il vient et repart le plus souvent.

Son doux visage, ridé par les siècles, se plissa dans un sourire muet.
— Santé roi Harden.

Lentement, il se saisit entre ses doigts le pied de la coupe d’argent finement ciselée et but une gorgée. Alors qu’en écho dans un émoi analogue au roi mais à l’origine différente, les mires vieillissantes brillaient d’une émotion intense.
— Oui, elle me manque un peu plus chaque jour. Malheureusement ce ressenti ne disparaîtra qu’avec la fin de son enveloppe charnelle. Car il y aura toujours le poignant espoir d’apercevoir le retour à la normal de ce corps devenu une coquille vide. Sa substance s’est perdue et ne pourra revenir à son point d’origine.

Baltazar jeta un coup d’œil à Onyria tout en lui tendant un instant sa coupe afin de la désaltérer. Pendant que la silhouette diaphane buvait, quelques gouttes du nectar glissèrent sur le menton de la femme.

— Nous avons tout essayé afin de la ramener. Mais la magie, malgré ses grandes capacités ne peut pas tous. Elle ne peut influencer les esprits comme nous apprécierions qu’il tourne. C’est pourquoi pour votre première faveur. Dans cette lignée, plutôt que de vous dire où se trouve votre dernier enfant et risquer qu’il ne disparaisse davantage. Je vous inviterais à utiliser une personne adéquate pour le ramener.

L’Archimage but une nouvelle gorgée de sa coupe. Il observait attentivement les réactions du Souverain de Kaerdum, car l’ancienne sujette qu’il souhaitait lui suggérer n’était pas de celle qu’on appréciait recevoir dans ses salons ; tout du moins pour un être appartenant à la Noblesse et d’autant plus lorsqu’on appartenait à la classe régnante de la nation.

— J’ai une personne en tête, Majesté Je pense qu’elle pourrait faire l’affaire et parvenir à convaincre votre aîné de revenir parmi les vivants. Néanmoins…

L’Archimage s’interrompit et fixa plus encore le souverain de Kaerdum.

— je pense que son statut dans votre royaume posera une complication déplaisante et certaine. Il fait partit de vos gibiers de potence. Ou tout du moins, ceux que votre ordre secret recherche. Et il s’est enfui définitivement de votre juridiction et s’est réfugiée à Azzura.

Il ne dit pas plus, laissant le souverain réfléchir à cette éventualité sans éventer davantage l’identité du réceptacle. Il reprit le fil de ses paroles, en changeant complètement de sujet, laissant le premier à la méditation de l’homme.

— Pour les Académies… Je dirais que les souverains du monde entiers ont décidé qu’il fallait permettre l’apprentissage, plutôt que le bannissement de la magie. C’est fort bien et heureux pour l’entièreté de Rëa. Votre peuple va pouvoir se mettre à l’abri des incidents liés aux néo-mages. Car la magie lorsqu’elle n’est pas maîtrisée peut-être une véritable malédiction. Votre royaume à suffisamment pâti de l’apparition de la Dragonne Ehara. Il serait malheureux qu’un mage non entrainé face une éradication de votre peuple.
Voici l’un des arguments majeur en faveur des vôtres. De plus, la magie maîtrisée est un plus et une aide quotidienne à l’existence. Azzura en est l’infinie preuve, aucune personne ici n’accomplit de tâche subalterne. Les domestiques ne doivent point se charger de charrier des ignominies. Tout être peut devenir ce qu’il souhaite dans la mesure de ses ambitions, ainsi que de ses capacités.
Néanmoins, j’aimerais émettre une condition. Pour la construction de l’académie, je souhaiterais qu’elle se fasse au pied du monolithe.

La mémoire sa plus vieille alliée sera à cette occasion sa plus grande peine. A chacun des instants, il imaginera ce qu’Onyria aurait proposé et il était certain qu’elle aurait trouvé une idée mettant à son avantage Azzura.

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